Après l’école, un enfant irritable ou fermé a peut-être besoin de vingt minutes sans question
Selon la psychologue Cindy Felio, un temps de décompression prévisible après la classe laisse souvent l’enfant venir raconter sa journée de lui-même.
Un enfant qui rentre de l’école grognon, absent ou fermé n’a souvent pas besoin de questions, mais d’un moment pour « atterrir ». C’est l’habitude que recommande la psychologue Cindy Felio : ménager après la classe un temps de décompression prévisible, pendant lequel rien n’est exigé de lui dans l’immédiat. Ses conseils ont été recueillis par la journaliste Clémence Forsans pour Parents, dans un article publié en octobre 2026.
En bref
- C’est l’habitude que recommande la psychologue Cindy Felio : ménager après la classe un temps de décompression prévisible, pendant lequel rien n’est exigé de lui dans l’immédiat.
- Elle invite à ne pas y voir un caprice : « Ce n’est pas vraiment le détail qui pose problème, c’est juste le moment où tout redescend ».
- Il s’agit d’un exemple individuel, que la psychologue résume ainsi : « En fait, pour que la parole arrive, il faut parfois commencer par lui laisser un peu de place ».
Ce que la journée de classe demande à un enfant
La scène est familière à beaucoup de familles. Le portail à peine franchi, l’adulte enchaîne : « Alors, ta journée ? », « Tu as des devoirs ? ». L’intention est bienveillante, mais l’enfant n’a pas forcément envie, à cet instant, de faire le récit de ses heures passées en classe.
Il faut mesurer ce qu’il vient de traverser. Pendant la journée, il a dû écouter, rester concentré, suivre des consignes, apprendre, et composer en plus avec ses camarades. Le relais de ces explications par Yahoo insiste sur ce point : au retour, il peut se montrer irritable, distrait ou peu coopératif, et peiner à basculer aussitôt vers les obligations du foyer.
« Après une journée d’école, je pense qu’un enfant a surtout besoin d’un moment pour atterrir »
Cindy Felio, psychologue, chercheuse et autrice
Reconnaître la fatigue, bruyante ou silencieuse
Ce besoin ne s’exprime pas de la même façon chez tous. Au cabinet, la psychologue entend souvent des enfants expliquer qu’à leur retour, ils aspirent d’abord à une collation, à du jeu ou du mouvement, voire à un peu de solitude.
Pour d’autres, la redescente fait plus de bruit. Selon elle, des enfants irréprochables pendant toute la classe peuvent s’emporter une fois à la maison pour un rien, qu’il s’agisse d’une chaussure ou d’un goûter. Elle invite à ne pas y voir un caprice : « Ce n’est pas vraiment le détail qui pose problème, c’est juste le moment où tout redescend ».

La fatigue sait aussi se faire discrète. Elle peut passer par la distraction : des étourderies, un air absent, de la lenteur pour des gestes ordinaires, une difficulté à suivre une règle pourtant connue. Avant d’en déduire que l’enfant n’écoute pas, la psychologue invite à considérer qu’il a déjà beaucoup donné de son attention au fil de la journée.
Quand ce poids semble venir aussi des résultats, certains signes de pression scolaire chez l’enfant méritent d’être observés.
Installer un sas de décompression à la maison
L’habitude conseillée ne demande ni matériel ni programme. Pour Cindy Felio, il s’agit de proposer un « moment assez prévisible où l’enfant sait qu’il n’a rien à faire immédiatement », et non « une routine de plus ». Aucune activité particulière n’est requise : c’est à l’enfant de remplir ce temps à sa manière. Parmi les formes possibles :
- prendre son goûter ;
- jouer librement ;
- écouter de la musique ;
- dessiner ;
- rester seul un moment.
Quand le silence laisse revenir la parole
Cindy Felio évoque un enfant qu’elle a accompagné. Sa mère, sachant que l’école était compliquée pour lui, posait beaucoup de questions dès la sortie. Les réponses restaient évasives : un « rien », ou un « je ne sais pas ».
Au lieu de multiplier les questions, la famille a tenté autre chose : attendre une vingtaine de minutes avant d’évoquer l’école. Le plus souvent, d’après la psychologue, c’est alors l’enfant qui venait de lui-même raconter quelque chose. Il s’agit d’un exemple individuel, que la psychologue résume ainsi : « En fait, pour que la parole arrive, il faut parfois commencer par lui laisser un peu de place ».
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : KATRIN BOLOVTSOVA. Licence Pexels.
